Un an après mon départ du Modem ( Téléchargement Pourquoi je quitte le modem, post du 06.09.10), j’ai décidé d’adhérer au Parti Socialiste.
Une décision personnelle mûrement réfléchie, ma façon de soutenir un parti qui vient de se risquer à l’innovation démocratique la plus importante depuis le suffrage universel dans notre pays : les primaires à l’élection présidentielle. Une façon d’être présent au choix que commande le moment : celui de faire échec au régime dont Nicolas Sarkozy est le nom. Une suite logique à mon soutien actif, depuis dix ans, à la politique locale de Gérard Collomb ainsi qu’à ses idées pour la France. Une suite logique à mon adhésion, en 1989, au parti des Démocrates Sociaux, le CDS (Centre des Démocrates Sociaux) pour marquer le bi-centenaire de la révolution et de la République et… la chute du mur de Berlin. Et pour acter un engagement plus généraliste après plusieurs engagements associatifs et professionnels.
Je rejoins mes amis sociaux-démocrates car la frontière - ténue - avec les démocrates-sociaux vient de tomber avec la formidable tentative de démocratisation de la République qu’incarne l’initiative des primaires. Ce processus électoral est bien un saut qualitatif qui concourt à la qualité de l’ « expression des suffrages » tel que notre constitution l’assigne aux partis ; seule véritable mission - et définition - donnée à un « parti » par notre constitution.Ces primaires seront demain le processus obligé de tout parti démocratique digne de ce nom.Car elles lui permettront, dans une démocratie représentative, de garantir la représentativité de son candidat auprès des citoyens.
Notre système électif est de plus en plus caractérisé par la personnalisation.Les primaires y apportent une transparence dans l’organisation de la compétition des candidats et une légitimité démocratique au-delà de la construction médiatique qui en est faite.
C’est aussi une mobilisation pré-électorale essentielle dans la lutte contre l’abstention.Cette initiative est bien un marqueur de la volonté démocratique du Parti Socialiste.
Dans un contexte d’impasse constitutionnel et politique pour une troisième voie démocrate, elle en fait le véritable « parti démocrate » français.Les passerelles de convictions entre la « deuxième gauche » et le CDS avaient toujours existé. Elles s’incarnaient dans la démocratie sociale, la construction politique de l’Europe, la solidarité, le refus du réflexe sécuritaire, le respect des contre-pouvoirs par les corps intermédiaires et l’organisation de la société civile.Ce n’est pas un hasard si le CDS de l’époque avait aidé Michel Rocard, l’inventeur du RMI, dans sa tâche de Premier ministre devant le parlement.
Aujourd’hui, les fondements de la République sont ébranlés. Les libertés publiques sont menacées et la concentration des pouvoirs présidentiels se traduit par une dissolution des contre-pouvoirs démocratiques.Enfin, la fongibilité des idées de la « droite populaire » avec les idées de l’extrême droite crée un terreau populiste dangereux pour la démocratie.L’heure n’est plus aux palinodies centristes. Car, outre que le centre a toujours été à droite en France, le centre politique est devenu constitutionnellement impossible.
Aujourd’hui, en tant que démocrate, je m’engage dans un parti qui crée les conditions de l’alternance politique à l’exercice actuel du pouvoir.Je m’emploierai à y être encore plus utile pour l’action de Gérard Collomb à Lyon et au Grand lyon, ainsi qu’à celle de mon collègue David Kimelfeld dans le 4è arrondissement de Lyon où je suis élu.
Je soutiendrai François Hollande lors de ces élections présidentielles.
La première de mes trois rencontres avec l’homme a été lors du « Forum Libération » à Lyon en Septembre 2009. Ce fut une sorte de révélation. Il y débattait avec François Bayrou sur le thème : « le centre a-t-il quelque chose à dire à la gauche ? ». Bien sûr, F.Bayrou n’avait rien à dire à F.Hollande…Sa deuxième participation (Sept . 2010) avait achevé de me convaincre.Enfin, une rencontre en cercle très restreint lors de son récent passage à Vienne avait confirmé mon choix.
J’ai appris à me méfier des hommes politiques sans humour. Car l’humour est déjà une garantie démocratique de distanciation…Mais surtout, François Hollande incarne les qualités humaines et la probité attendues dans l’exercice démocratique de la fonction présidentielle.Et il est le seul candidat qui désigne les leviers d’une croissance « durable et partagée » à même de mener la France vers une sortie de crise politique et économique : l’éducation, l’écologie, les territoires, tant malmenés par le pouvoir en place au travers de sa « réforme » territoriale, et… la démocratie, au motif que la démocratie est « plus intelligente que les marchés » ! Et il souhaite relancer l’Europe politique. Condition essentielle à la sortie de crise financière.
N’étant désormais plus « centriste », je transmets le flambeau de la Présidence de mon groupe qui est désormais identifié et a trouvé sa place au sein de la majorité de Gérard Collomb. Thomas Rudigoz saura en faire les beaux jours.
Je n’ai que des amis au Parti Socialiste et n’ai jamais eu l’objectif de « faire carrière » dans un parti. Déjà une bonne condition pour les garder tous au cœur de nos combats communs… ;-)
Gilles Vesco